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Histoire et architecture du logis principal du Manoir du Fay

Sur le nom du Manoir du Fay

Plusieurs noms sont utilisés pour désigner le site, le Manoir du Fay, le Manoir du grand Fay, le Manoir de Valleville. Le terme « Fay » est la contraction du mot fayard qui désigne « l’ancien » et l’arbre « hêtre ».
Le terme Manoir est utilisé au Moyen-âge pour désigner les habitations non fortifiées d’un seigneur. Ces propriétaires, n’exerçant pas une fonction dite « noble », administrative ou militaire, devaient vivre de l’exploitation des lieux par l’agriculture.

Epoque
Vraisemblablement, l’architecture est représentative du début du XVIIè siècle. Le Manoir aurait été édifié par la famille grand maternelle de Pierre Corneille. De nombreuses modifications ont été réalisées au cours du XVIIIe et XIXe.

Clos-de-masure

Il s’agit d’un site agricole typique de l’habitat rural en Pays de Caux. Prairie plantée d’arbres fruitiers, entourée d’un talus de haute taille permet d’abriter une ferme composée de bâtiments dispersés. C’est l’une des raisons pour laquelle des pommiers ont été replantés sur le site, pour garder l’esprit des vergers de l’époque.





Histoire du Manoir


Les archives ayant été détruites en 1793, il est difficile de retracer une histoire précise du Manoir. Très certainement ancien alleu médiéval, les premières informations remontent au XVIIe où le manoir appartenait à la Principauté d’Yvetot. Cela est référencé dans l’ancien cadastre de la Commune. Les premiers propriétaires connus sont la famille Houel De Valleville dont le titre de propriété remonterait jusqu’au XVe. Cette information permet d’en déduire que le manoir, tel qu’il nous apparaît aujourd’hui, a été bâti en lieu et place d’un ancien logis. Ainsi, le chronogramme de 1617 présent sur la façade principale correspondrait à la date d’achèvement d’une campagne de modification et non pas de la date d’achèvement de l’édifice.

Concernant les propriétaires du lieu. Nous savons que Jean HOUL, anobli en 1578, était propriétaire au XVIe siècle, et qu’il fut transmis à son fils Pierre HOUEL DE VALLEVILLE au début du XVIe. Jean HOUEL était le grand-oncle de Pierre Corneille.

Durant le XVIIe, le manoir passa par mariage, à la famille ISNEL DE COMBLES, jusqu’à la révolution française. Durant cette période, la famille a émigré en Europe. Selon les écrits de 1866, de l’abbé DUMESNIL, curé de campagne, le manoir a servi de prison durant la période de la terreur lors de la révolution française. Cependant, la famille reste propriétaire jusqu’en 1879, où le domaine est transformé en habitations agricoles qui sont louées à des fermiers. Le site est racheté en 1989 par la Commune d’Yvetot.



Evolution du logis
Si l’apparence régulière et homogène du manoir, laisse à penser qu’il est resté dans son état initial depuis le XVIIème, la présence de nombreux indices montre l’existence de remaniements divisés en trois étapes : avant 1612, après 1612 et  au cours du XVIIIe.
Avant 1612, les études laissent à penser que le bâtiment n’a pas été édifié au début du XVIIe et achevé en 1612, par exemple, le style de la cheminée Renaissance de la grande salle du rez-de-chaussée (voir les éléments architecturaux) ou encore l’étude du cadastre qui lie la famille HOUEL au domaine du Fay depuis le XVe.
Les remaniements ont pu être nécessaires après un événement majeur comme un effondrement, une attaque ou encore un incendie, notamment dans un contexte de guerre de religion. Les maçonneries présentent diverses traces indiquant certainement un remontage de l’extérieur du bâti.
Après 1612, une campagne de travaux de grande ampleur :
Les modifications sont clairement datées et répondent à deux impératifs seigneuriaux : améliorer le confort de la demeure et se protéger. En effet, le deuxième critère s’inscrit dans le contexte particulier de l’époque. Si l’édit de Nantes de 1598 met fin aux guerres de religion, de nombreux conflits ont persisté au sein du Royaume de France.

Au XVIIIe, la dernière campagne de travaux :

Les modifications ont consisté principalement en l’adjonction du bâtiment « en L » contre le pignon nord-est. Cet édifice est déjà mentionné durant la révolution française, notamment par l’abbé DUMESNIL, permettant de dater ces travaux à la fin du XVIIe ou au cours du XVIIIe.